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Comment choisir ses flashes de studio ?

Un studio photo, c’est un espace et des éclairages. Pour l’espace, on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Mais pour les éclairages, autant faire un choix éclairé. Flash ou lumière continue ? Autonome ou secteur ? Printemps ou été ? Voyons comment choisir des flashes de studio adaptés à vos besoins. Et tant qu’à faire, adapté à votre budget.

Mais avant de répondre aux deux dernières et grandes questions que sont « Lequel je prend maintenant ? » et « On ne peut pas le trouver moins cher sur internet ? », je tiens à remercier Claudia, Erwan, Sébastien, José et tous les membres des groupes Facebook Club Photoet de mon groupe de coaching privé pour leurs contributions à la rédaction de cet article : MERCI !

Quand ta formation à la photo de studio terminée sera.
Toi aussi les flashes du studio déplacer par la pensée tu pourras… ou pas !

Pourquoi monter votre studio photo ?

Bonne question ! La meilleure raison, c’est avant tout d’en avoir envie. Peut-être aussi parce qu’en hiver, il fait froid et que le reste de l’année, il ne fait pas toujours beau. Aussi, il peut être agréable d’avoir un chez soi avec une cheminée, une peau de bête et un jukebox avec des vieux vinyles de Barry White. Ou alors… deux flashes de 200 joules, un cône spot, une boite à lumière et un réflecteur argent pour se tirer le portrait. C’est bien aussi !

Avec un studio à soi, on se sent vraiment chez soi. On maitrise la lumière.

On est libre de créer ses propres éclairages, de modeler les ombres sur les portraits ou sur les objets. Car, reconnaissons-le, il est plus aisé de modeler des ombres avec des flashes chinois que de modeler des ombres chinoises avec un  feu de cheminée. Alors, amis poètes, soyons fous ! 

A l’idée d’un achat, de vos yeux de Chimène
J’entends de joie couler vos larmes
de derrière mon full frame.

Mais avant de faire fumer la carte bleue, commençons par répondre à deux ou trois questions techniques.

Faut-il choisir des flashes ou des éclairages continus ?

Quelle différence après tout ?

Le flash, délivre une grande quantité de lumière en un temps très court. Mais, tant que le flash ne part pas : on ne voit rien. Et quand il part : il va trop vite. Donc on ne voit rien non plus. A moins… que le sujet soit éclairé par une lampe pilote dont la puissance est inférieure mais proportionnelle à l’éclair de flash. Et ça tombe bien car la plupart des flashes de studio en sont équipés.

L’éclairage continu, lui, est continu. C’est la raison pour laquelle La Palisse ne travaillait jamais au flash. Mais la puissance de l’éclairage continu est moins importante que celle de l’éclairage au flash. De part sa faible puissance, l’éclairage continu imposera de travailler avec des vitesses d’obturation assez basses. Pour éviter les flous de bouger et les flous de mouvement, il faudra alors utiliser un trépied et photographier des sujets immobiles. L’éclairage continu sera ainsi moins adapté pour la photographie de portrait ou de personnages.

Même si l’écart se resserre, les éclairages au flash bénéficient globalement d’une plus grande gamme d’accessoires de modelage. Mais c’est de moins en moins vrai. Car les kits de lumière continue se développent et l’on trouve maintenant des boites à lumière et autres parapluies dans les kits fluo. 

De plus, il n’est pas nécessaire d’utiliser un posemètre en lumière continue.La cellule de l’appareil photo peut suffire pour peu que l’on sache faire une mesure de lumière. Avec un éclairage au flash, le recours au flashmètre est indispensable. Même si je nuancerai plus loin en précisant dans quel cas il est possible (je n’ai pas dit souhaitable) de s’en passer.

Les lumières continues ne nécessitent pas non plus de déclencheur. Ben oui forcement puisqu’elles sont allumées en continue. Mais il faut quand même les brancher et appuyer sur l’interrupteur quand il y en a un.  Par contre, les flashes, eux, doivent être déclenchés au moment où on fait la photo (assez précisément d’ailleurs). Il faudra donc un déclencheur ou un câble de synchro pour que le flash parte au moment où vous pressez le déclencheur.

Kit d’éclairage en lumière continue.

Les types d’éclairages en lumière continue

Il existe plusieurs types d’éclairages de lumière continue.

Les lampes halogènes ou tungstène, telles que les lampes de bureau et autres éclairages de chantiers sont faciles à trouver. Elles donnent des colorations chaudes voire carrément jaunes. Ces colorations entrainent des dominantes de couleur qu’il est possible de corriger à l’aide de la balance des blancs. Mais ce n’est pas la solution idéale. Il est plus simple de travailler avec une lumière proche de la lumière du jour telles que les LED ou les éclairages fluo.

En plus de poser des problèmes de balance des blancs, les éclairages halogènes et tungstènes produisent beaucoup de chaleur. Cela les rends difficiles à manipuler et l’utilisation d’accessoires est délicate.

Les éclairages fluosont les plus courants dans les kits de photos. Ils chauffent peu (même s’ils chauffent quand même un peu) et leur température de couleur est assez proche de la lumière du jour. Les éclairages fluo sont d’un bon rapport qualité/prix.

Exemples de kits d’éclairages fluo

Enfin les éclairages LEDsont eux aussi plus proche de la lumière du jour que les éclairages halogènes et tungstènes. Souvent plus chers que les éclairages fluo, ils ne chauffent quasiment pas.

Exemples de Kits d’éclairages LED 

Faut-il choisir des flashes cobra ou des flashes de studio ?

Pour moi la question ne se pose pas vraiment. Il y a quelques années encore, il était possible de trouver des flashes cobra premier prix alors que les flashes de studio restaient dans des budgets au-dessus de 1000€ l’unité. Monter un mini studio avec des flashes cobra, on parlait de studio strobist, était la meilleure option pour avoir un éclairage à moindre frais en gardant une grande mobilité. Mais ce n’est plus le cas.

Car les flashes cobra n’ont pas que des avantages lorsque l’on veut les utiliser pour le studio. Fonctionnant sur piles, ils disposent d’une puissance et d’une autonomie limitées.

De plus, ils se pilotent avec des systèmes flashes maitre/flash esclave et/ou trigger dont le haut niveau de technologie et de complexité ravira le geek averti mais gonflera au plus haut point le photographe qui, comme votre serviteur, à mieux à faire que de jouer avec les télécommandes quand le client s’impatiente.

Enfin, l’absence de lampe pilote impose un type de prise de vues que l’on pourrait qualifier de « en aveugle » voire « à tâtons ». Sympa pour les photos de lingerie : « Dit Camion – Camion– Pouet-Pouet ! ». Et qui a donné lieu au développement de toute une philosophie de prise de vues basée sur l’utilisation préétablie de sets d’éclairages.

En gros, le strobist ne sachant trop ni ce qu’il fait ni quel en sera le résultat, se base sur une solide expérience riche d’échecs pour reproduire strictement le même schémas d’éclairage en croisant les doigts pour obtenir un rendu approximativement similaire. Ce faisant, il pousse la pifométrie vers des sommets rarement atteints même par les plus férus de corrections d’exposition.

Faire du studio avec des flashes cobra c’est donc un minimum d’encombrement  garanti pour un maximum d’emmerdement, garanti aussi, à pas cher. 

Or aujourd’hui, il est possible de trouver des flashes de studio tout aussi d’entrée de gamme, forcément plus volumineux que des flashes cobra mais pour que dalle. Alors quitte à faire pas cher, autant faire simple.

Mais si vous souhaitez tout de même partir sur un flash cobra, je vous invite à consulter le guide sur le flash de reportage.

Les principales caractéristiques d’un flash de studio

Un flash de studio ne se résume pas à sa puissance. Et surtout pas à sa puissance maximale. C’est bien de pouvoir taper fort mais on a parfois besoin de modeler l’éclairage tout en douceur. Il faut donc être en capacité d’abaisser la puissance du flash. La puissance mini est au moins tout aussi importante que la puissance maxi. Sinon plus !

La puissance des flashes est exprimée en Joules ou en Watts :

  • Le Joule est l’énergie dégagée par l’éclairage
  • Le Watt est la puissance de l’éclairage
  • 1 Joule = 1 Watt par seconde

Voici un ordre de grandeur des puissances nécessaires selon les types de sujets :

  • 100 à 250 Joules : portraits/ nature mortes 
  • 400 à 800 joules : packshot, produits à détourer, portraits en pied
  • 600 à 1000 Joules : extérieur ou très gros objet (meubles, véhicules)

Flasher c’est bien mais flasher rapidement c’est mieux. Aussi il faudra prendre garde au temps de recyclage. C’est à dire au temps que le flash met pour se recharger après avoir flashé pour être en mesure de délivrer un autre éclair de flash. 

Une autre vitesse devra aussi être prise en compte : la synchro haute vitesse. C’est un sujet que j’ai déjà abordé dans le guide sur le choix du flash cobra. Il s’agit de la vitesse maxi à laquelle le flash peut fonctionner avec l’appareil photo. Ce sera important si vous souhaitez utiliser vos flashes de studio pour figer des mouvements rapides. 

Enfin, le flash pourra être TTL ou pas. TTL signifie Through The Lens. En français : A travers la lentille. Sur un flash manuel vous devez ajuster la puissance manuellement en tenant compte de la sensibilité ISO, de la distance du sujet et de l’ouverture de diaphragme. Mais avec la mesure TTL, l’appareil contrôle la puissance de l’éclair de flash en mesurant la lumière renvoyée par le sujet. Lorsque l’appareil estime qu’il a suffisamment de lumière pour exposer la scène correctement, il coupe l’éclair de flash. Cette option sera donc utile si vous souhaitez utiliser vos flashes de studio en extérieur, en complément d’une lumière d’ambiance ou tout simplement avec les mêmes automatismes que pour une prise de vues de reportage.

Exemples de kits de flashes de studio d’entrée de gamme

Exemples de kits pro

Quels flashes de studio pour quel espace de studio ?

Je le redis, un studio, c’est un espace et des éclairages. Il ne vous faudra pas les mêmes éclairages selon l’espace dont vous disposez. Plus l’espace est vaste, plus il faut taper fort pour que la lumière éclaire le sujet. Mais plus l’espace est restreint, plus vous devrez y aller en douceur pour éviter que la lumière ne rebondisse sur les murs et ne ruine vos espoirs de modelé. 

Si l’on reprend les ordres de grandeur des puissances adaptées au sujet, cela pourrait donner la liste suivante :

  • Moins de 20 mètres carrés : 100 à 250 Joules : portraits/ nature morte 
  • De 20 à 50 mètres carrés : 400 à 800 joules : packshot, produits à détourer, portraits en pied
  • Plus de 50 mètres carrés : 600 à 1000 Joules : extérieur ou très gros objets (meubles, véhicules)

Dans tous les cas, il faudra veiller à avoir un plafond de hauteur respectable si l’on ne veut pas que la lumière joue au ping-pong par dessus tête. Un plafond de 3,5 mètres est idéal. En deçà, il peut être intéressant de peindre le plafond en noir afin que celui-ci fasse office de coupe flux.

Cette photo d’illustration a été ajoutée afin de pouvoir passer
des bouteilles de Bordeaux en frais professionnel.

Flash de studio autonome ou flash branché sur secteur ?

Personnellement, je suis toujours parvenu à me débrouiller pour réaliser mes prises de vues avec des flashes sur secteur. Mais, en dehors de mon studio, je ne sors mes flashes que pour photographier des entreprises.

Et je m’amuserais volontiers à monter mes flashes en pleine forêt. Juste pour avoir un décor un peu sympa et un peu plus de recul que dans mon studio.

Quitte à prendre des flashes autonomes, autant qu’ils soient suffisamment puissants (600 Joules), qu’ils soient TTL pour fonctionner en fill-in et avec une synchro haute vitesse afin de photographier même en plein soleil.

Les accessoires du photographe de studio

Les modeleurs de lumière

Les modeleurs sont les accessoires qui se placent devant la lumière du flash. Ils servent à modifier la surface de l’éclairage ainsi qu’à concentrer ou à diffuser la lumière. Ils font partie de la boite à outil du photographe.

Lorsque vous choisissez vos flashes de studio, tenez compte de la gamme de modeleurs disponibles. Certaines marques disposent d’adaptateurs qui autorisent l’utilisation de modeleurs d’autres marques. Il est toujours intéressant de ne pas rester trop captif d’une marque (et dire que j’écris ça sur le clavier d’un iMac) ou d’échanger ses jouets avec ses copains. 

Le flashmètre

Le flashmètre sert à mesurer la lumière du flash. Il permet notamment de mesurer la lumière qui parvient sur le sujet.

Si vous montez un studio dans lequel la lumière sera standardisée, vous n’aurez pas forcement besoin d’un flashmètre. Ce sera le cas si vous photographiez des objets sous une canopée et que votre éclairage reste invariablement le même. Auquel cas, empruntez un flashmètre ou faites vos réglages de départ, une bonne fois pour toute. Notez-les. Et n’en changez plus.

Par contre, si vous souhaitez modeler la lumière selon le sujet, utiliser plusieurs sources d’éclairages et jouer avec la lumière. Foncez vous inscrire à ma formation photo de studioet procurez-vous un flashmètre. L’utilisation du flashmètre et du posemètre est largement détaillée dans ma formation. Et hop, un petit coup d’auto-promo, ça ne fait pas de mal !

Voici quelques exemples de flashmètres que j’utilise : 

Répétez après moi en prenant un air sérieux : « f/2,8 +1 diaph = f/4 »
Moins le client comprend… plus vous aurez l’air professionnel.

Quel déclencheur pour vos flashes de studio

Pour déclencher, il faut un déclencheur. Il en faut même deux : un bouton sous votre index sur le boitier et un bidule sur le boitier pour déclencher les flashes.  Le bidule sur le boitier en question, c’est le déclencheur dont il est question ici. Voilà qui fait à nouveau beaucoup de questions. Apportons-y des réponses :

La plupart des flashes sont livrés avec un cordon qui relie l’appareil photo au flash. C’est un fil à la patte très pratique quand on a rien d’autre. Mais cela reste un fil à la patte moins pratique que les déclencheurs à distance.  Je ne m’en sépare toutefois jamais.

Car jusque là, un cordon de déclenchement n’a jamais manqué de pile. Il m’a sauvé la mise plusieurs fois en prise de vues alors que j’étais persuadé que mon déclencheur était full energy. Sans parler de l’année où j’ai cassé mon déclencheur trois fois de suite en moins de six mois.

Car le cordon est également bien supérieur à tout matériel de technologie non-extraterrestre dès lors que l’on pratique par mégarde le test du « Oups-J’ai-marché-dessus » variante sèche du « Mais-comment-t’as-fait-pour-le-tomber-dans-les-chiottes ».

Or période de chkoumoune, on préfèrera toutefois le confort d’un déclencheur à distance à la rusticité, pourtant si lisse, d’un câble électrique. 

Autrefois infrarouge, le déclencheur est aujourd’hui radio. L’infrarouge est un rayon de lumière qui a tendance à se perdre dans la lumière du jour dès lors que l’on quitte la pénombre du studio.

Le déclencheur radio, lui, se joue de la lumière du jour. Il fait fi des murs pas trop épais et se programme en 12 plages et 12 canaux pour les fois où il vous prendrez l’envie de photographier un modèle avec 64 sources d’éclairages. Oui, j’exagère, mais pas assez !

Si vous devez choisir un déclencheur radio, choisissez-en un avec UN SEUL BOUTON et sans option. Il fera la même chose que les autres et vous gagnerez du temps.

La charte de gris

La charte de gris peut s’avérer utile à double titre. D’abord pour mesurer la lumière si vous travaillez en lumière continue. Mais aussi pour obtenir un point de repère afin d’étalonner votre balance des blancs.

Conclusion

N’oubliez jamais que ces conseils ne reflètent que mon humble avis, basé sur mon expérience de photographe professionnel et sur les retours d’expérience de mes nombreux stagiaires (Ben oui, quand même !). 

Si vous devez investir dans des flashes, choisissez une puissance adaptée à vos besoins et à votre espace. A moins de privilégier la mobilité, choisissez plutôt des flashes de studio que des flashes cobra. Et assurez-vous de pouvoir disposer d’une large gamme de modeleurs.

Enfin, utilisez un flashmètre et prenez le temps d’apprendre à utiliser votre matériel. Si cela peut vous rassurer, il m’a bien fallu dix ans avant de commencer à bien m’en servir. Mais si vous voulez gagner du temps, j’ai condensé l’essentiel de mes techniques de prise de vues dans une série de Master class consacrée à la photographie de studio.

1 commentaire

  1. Rose 21 février 2019

    Bonjour Jérôme,
    Ton exposé sur le flash cobra m’a bien fait rire ! En particulier ce moment « dont le haut niveau de technologie et de complexité ravira le geek averti mais gonflera au plus haut point le photographe qui, comme votre serviteur, à mieux à faire que de jouer avec les télécommandes quand le client s’impatiente.
    Bref, pour l’instant je suis plutôt intéressée par le strobisme et j’ai acquis justement 3 flashs cobras mais dès que je maîtriserai, je m’attaquerai au studio car c’est une belle discipline que j’aimerai vraiment savoir maîtriser !
    Passes une belle journée
    Bises

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