Ajuster l’exposition pour un paysage de neige ou de givre – Exercice #25 (niveau avancé)

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige ou de givre

Comment bien exposer ses photos sur la neige ? Dans l’exercice photo précédent nous avons vu comment utiliser la correction d’exposition sur des gros plan pour éviter que l’appareil ne sous-expose la neige. Aujourd’hui je vous propose une méthode différente pour  exposer correctement ans avoir à corriger l’exposition. Nous allons voir comment mesurer la lumière sans autre accessoire que votre appareil photo.

Mesure de lumière et correction d’exposition sont deux approches que je considère comme vraiment incontournables pour bien exposer une photo. Alors absolument incontournables, certes ! Mais je vous expliquerai aussi pourquoi, la plupart du temps, l’une comme l’autre ne servent absolument à rien ! 🙂

Cette semaine on passe du gros plan au paysage. Et on change aussi l’approche de l’exposition en passant de l’utilisation d’une correction d’exposition que je qualifiera d’approche en réaction à une approche plus en anticipation.

Je tiens aussi à remercier Patrice et Christel qui m’ont chacun leur tour accompagné pour la réalisation des prises de vues qui illustrent cette vidéo. Si je peux vous montrer des photos c’est grâce à eux.

Merci à Patrice de m’avoir aidé à courir après le voiture que l’on croyais avoir pourtant bien garé sur la route enneigé.

Et merci à Christel pour avoir descendu le Puy Pariou en glissant non sans inquiétude sur les quelques 500 marches gelées qui mènent du sommet jusqu’à la terre ferme. Et ce, sans avoir à faire appel à l’hélicoptère de la sécurité civile.

Bravo à tous les deux !

Participer à cet exercice photo

  1. Inscrivez-vous sur mon site Formation-Photographe.net si ce n’est pas encore fait et connectez-vous 
  2. Postez votre photo sur dans le forum du Groupe des exercices photo Youtube
  3. Légender votre photo comme indiqué dans le groupe en postant bien une photo et une seule avec sa légende.

J’apporterai un commentaire sur chaque image correctement postée sur le Forum de l’exercice et les contributions seront publiées dans la prochaine vidéo de restitution dans deux semaines, le mercredi 3 février 2021 prochain . Donc abonnez-vous à la chaine pour ne rien rater !..

Alors pour mémoire, la problématique qui va nous intéresser aujourd’hui c’est de mesurer la lumière pour obtenir une bonne exposition sur un paysage de neige ou de givre. Je ne reviens pas sur les points que nous avons déjà vu dans l’exercice précédent que sont : les dominantes de couleurs sur la neige que l’on peut corriger en jouant sur la balance des blancs et la mise au point parfois capricieuse sur les grandes étendues de blancs que forment la neige et le givre.

Commencez par la formation sur les principaux réglages photo

Si vous souhaitez des précisions sur la manière de gérer la balance des blancs à la prise de vues que ce soit manuellement ou en utilisant les préréglages de l’appareil photo, sur la mise au point manuelle ou pour diriger l’autofocus, je vous invite à suivre ma formation sur les principaux réglages en photographie qui se trouve sur mon site internet. C’est une formation qui est gratuite. Il suffit juste de vous inscrire sur le site, vous aurez accès à un cours en vidéo par jour pendant une semaine et l’accès au forum privé dédié à la formation pour poser toutes vos questions.

Le matériel pour ajuster l’exposition pour un paysage de neige

En ce qui concerne le matériel à utiliser pour cette prise de vues, rien de bien extraordinaire puisque la mesure de lumière dont il est question aujourd’hui est applicable quel que soit le type de matériel. Vous pouvez donc utiliser n’importe quel boitier reflex, hybride et même un bridge. N’importe quel appareil photo dès lors qu’il est possible de débrayer les réglages d’exposition : vitesse d’obturation, ouverture de diaphragme et sensibilité ISO.

Dans l’exercice précédent, on a vu que quel que soit votre appareil, lorsque vous pressez le déclencheur, votre appareil va mesurer la lumière et, en fonction de la sensibilité ISO choisie, il va vous proposer un couple vitesse/diaphragme pour exposer l’image « correctement ».

Toute la nuance de cette mesure d’exposition c’est que par « exposé correctement », l’appareil n’entend pas « comme vous avez vu avec vos yeux ». Le travail de l’appareil photo ce n’est pas de retranscrire « ce que l’on a vu » ni ce que l’on pense être « la réalité ».

Alors si on a une scène sans grands écarts de contrastes, la cellule de l’appareil photo va pouvoir se débrouiller toute seule sans soucis. Dans la mesure ou il n’y a pas de choix à faire, l’appareil se débrouille tout seul. L’idée c’est que s’il n’y a qu’un seul choix, il y a a peu de chances que l’appareil se plante.

C’est moins évident quand on une scène à fort contraste, quand on a une scène avec que du noir, ou, comme ici sur la neige, où on a une scène avec que du blanc.

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige

La cellule va mesurer et vous proposer un couple vitesse/diaphragme pour vous proposer une image de luminosité moyenne : ni trop sombre, ni trop claire.

Selon le mode de mesure que vous allez utiliser, elle tiendra pourra tenir compte soit de la totalité de la surface de la scène que vous cadrez avec le mode de mesure global. Soit elle tiendra compte de la totalité de la surface de la scène en tenant plus compte de ce qui se trouve sur le centre : avec le mode de mesure pondéré central. Soit enfin, ne mesurer que sur une toute petite partie de la surface de la scène que vous cadrez : avec le mode de mesure spot.

La question à se poser lorsque l’on veux exposer une photo ce n’est pas quel mode de mesure mais sur quel surface de la scène on veut mesurer. Ce qui implique de choisir quel mode on utilise pour déterminer la taille et la pondération de la zone à mesurer. Mais aussi, et on l’oublie trop souvent, toujours même, l’endroit où l’on mesure.  

Les limites de la correction d’exposition

Comme l’appareil cherche à ramener l’exposition sur une luminosité moyenne,  si on lui montre une surface blanche, il cherche nous la ramener sur du gris. C’est pour ça que, de base, la neige est sous-exposée et que l’on va chercher à corriger l’exposition pour que la neige blanche ressorte blanche. C’est ce que l’on a fait précédemment en utilisant la correction d’exposition.

Etant donné que l’appareil détermine le couple vitesse/diaphragme pour obtenir une exposition moyenne en mesurant la lumière renvoyée par la scène, si la scène est claire il sous expose et si la scène est sombre il surexpose.

Je vous le dit autrement : quand on lui montre une surface claire il sous-expose et quand on lui montre une surface sombre, il surexpose…

Vous voyez où je veux en venir ?

Si l’image est sous-exposé quand on ajuste l’exposition sur une surface blanche et si l’image est sur-exposée quand on montre une surface noire… peut-être que l’on peut essayer de mesurer l’exposition sur une surface qui ne soit ni blanche ni noire… une surface de luminosité moyenne par exemple.

Et comme tout es blanc sur la neige, on ne peut pas prendre de point de repère dans le paysage. Par contre on peut se balader avec un charte de gris dans le sac. Ou alors on enlève son gant et on prend la mesure dans la paume de sa main.

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige manuellement

Donc concrètement, comment ça se passe au niveau des réglages ?

On reprend comme d’habitude ma méthode SPP-CMM que vous pouvez retrouver dans mes formations et dans mes livres de cours de photo pour séquencer les réglages et ne rien oublier. Dans l’ordre : Sensibilité, Positionnement et Programme d’exposition puis Cadrage, Mesure de lumière et Mise au point.

Rester sur une sensibilité ISO basse

Pour ce qui est de la sensibilité ISO, si vous photographiez un paysage en pleine journée, la scène sera vraisemblablement assez lumineuse. Il est donc a priori inutile de monter en ISO. Sauf si vous utilisez une longue focale et que vous voulez garder un peu de marge pour pouvoir augmenter la vitesse d’obturation pour limiter les flous de bouger. Vous pouvez partir sur un base entre 100 et 200 ISO.

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige
Sur cette image, Patrice qui photographiait au 400mm par grand vent est monté à 160 ISO à f/11 pour gagner un peu en vitesse et éviter les flous de bouger à 1/1000s.

Se positionner sous la même luminosité que le sujet

Pour le positionnement, notamment dans l’espace, on va voir qu’il est intéressant de se placer de manière à pouvoir mesurer la même lumière que celle reçue par le sujet. Je vais y revenir…

Privilégier le programme d’exposition manuel

Le programme d’exposition est assez libre mais ici, on va faire simple et privilégier le programme d’exposition manuel. La sensibilité ISO étant calée, à ce stade réglez aussi l’ouverture de diaphragme en fonction de la profondeur de champ souhaitée. 

Pré-cadrer avant la mesure de lumière

Le cadrage de la scène va être finalement un pré-cadrage car on va devoir décadrer pendant quelques secondes pour mesurer la lumière. On y vient !

Le mode de mesure de lumière importe peu pour ajuster l’exposition pour un paysage de neige

On me pose souvent la question de quel mode de mesure utiliser : global, pondéré central ou spot. Peu importe !

La logique reste la même quel que soit le mode de mesure. La seule différence sera la surface du cadre sur laquelle l’appareil va mesurer. L’idée est d’aller mesurer sur une surface de luminosité moyenne. En l’occurence la paume de la main.

Donc si vous utilisez le mode global ou pondérée central, il faudra zoomer ou vous rapprocher pour ne cadrer que la zone de  luminosité moyenne. Et si vous utilisez le mode de mesure spot, il faudra placer la surface à mesurer à l’endroit où le spot fait sa mesure c’est à dire, dans la plupart des cas, au centre du cadre.

Ajuster l’exposition pour un paysage de neige : l'utilisation des modes de mesure de lumière.

Par contre, attention à bien mesurer sous la même luminosité. Si vous photographiez un paysage ensoleillé, ne vous mettez pas à l’ombre sous un arbre pour mesurer la lumière. Votre mesure de lumière doit se faire sous la même luminosité que celle qui éclaire la scène. Sinon ce serait un peu comme de mettre le thermomètre dans la cuisine pour savoir quelle température il fait dans la cave.

Ensuite, la sensibilité ISO étant calée, vous n’aurez plus qu’à choisir l’ouverture de diaphragme puis à ajuster la vitesse pour placer le curseur de l’exposition au centre de la graduation.

Avec bien sur cette remarque évidente. Si vous utilisez le programme d’exposition manuel, les réglages en changent que si vous les modifiez manuellement. Donc si la luminosité ambiante change vous devrez refaire al mesure et ajuster les réglages en conséquence.

Surveiller la vitesse d’obturation

Surveillez aussi la vitesse. Si la vitesse est trop basse vous risquez d’avoir une image avec un flou de bouger. Dans ce cas, choisissez une ouverture de diaphragme plus grande ou une sensibilité ISO plus importante pour pouvoir augmenter la vitesse. 

Pour mesurer la lumière, la mise au point n’est pas nécessaire

Une dernière précision sur la mise au point. Rien de particulier par rapport à la dernière fois quant à la mise au point sur le sujet. Par contre, lorsque vous pressez le déclencheur pour mesurer la lumière, l’appareil va aussi chercher à faire la mise au point. La main étant assez proche de l’objectif, il est possible que votre appareil photo peine à faire la mise au point. C’est sans importance. L’image n’a pas besoin d’être nette quand vous faites votre mesure de lumière dans la main.

Voilà pour cette mesure de lumière étalonnée sur une charte de gris ou dans la paume de la main.

La difficulté de cette méthode est qu’elle suppose de faire une lecture de la luminosité de la scène que l’on photographie. Mais dans tous les cas, il n’y a pas de méthode infaillible.

Soit on mesure a priori et on tombe sur un résultat juste. Soit on laisse faire et on corrige en espérant avoir à faire le moins d’essais possible pour réajuster le tir.

L’image du tireur qui ajuste son tir est assez parlante. Mesurer la lumière c’est prendre le temps de viser sa cible avant de tirer. Intellectuellement cela demande un effort. D’abord de compréhension et ensuite de lecture de la lumière. Mais avec un peu de pratique et quelques exercices ça devient vite complètement intuitif.

Si on reste sur l’image du tireur, laisser faire l’appareil et corriger l’exposition cela correspondrait plus à tirer au juger et à ajuster le tir en fonction des impacts que l’on constate sur la cible.

Réouverture du challenge photo 7 jours pour bien exposer ses photos

Si vous souhaitez améliorer l’exposition sur vos photos, je vais relancer le Challenge 7 jours pour bien exposer ses photos au mois de février prochain. Ce sera une version mise à jour du challenge avec un cours en vidéo et un exercice corrigé dans le forum privé chaque jour pendant 7 jours. C’est un challenge qui est payant, mais auquel vous pouvez vous inscrire gratuitement en utilisant vos points sur le site.

Le nombre de place pour le challenge sera limité donc je vous invite à booster vos points en partageant le contenu du site pour participer à pas cher et à vous inscrire sur la liste d’attente pour être prévenu dès l’ouverture des inscription du challenge.

On me demande souvent «  Mais alors il faut mesurer la lumière à chaque fois ? ». La réponse est : Oui ! En tout cas si vous voulez avoir une photo exposée comme vous le souhaitez. Pour avoir une photo nette et bien exposée, il faut faire la mise au point et mesurer la lumière. Le parallèle avec la mise au point d’ailleurs assez intéressant.

Je vous avais aussi annoncé en introduction que la méthode que je viens de vous présenter mais aussi la correction d’exposition étaient souvent inutiles. 

Il n’est pas toujours nécessaire de mesurer… soi-même !

S’il faut faire la mise au point et la mesure de lumière à chaque fois, cela ne veut pas dire pour autant que vous êtes obligé de le faire vous même à chaque fois.

C’est élémentaire mais on a tellement pris l’habitude de se reposer sur les automatisme de l’appareil qu’on l’oublierai presque. A moins que vous n’ayez affecté d’autres fonction au déclencheur de votre boitier, par défaut, lorsque vous pressez le déclencheur, l’appareil photo fait la la mise au point en autofocus et mesure la lumière.

Quand vous pressez le déclencheur, si l’autofocus fait la mise au point là où vous le voulez, ce serait contreproductif d’enlever l’autofocus pour refaire vous même la mise au point au même endroit. Et bien pour l’exposition c’est exactement la même chose. A ceci près que sur un reflex en visée optique, on ne voit pas directement le résultat de l’exposition dans le viseur.

L’appareil se débrouille… Mais…

Mais si vous avez une scène sans fort contraste, la cellule de l’appareil photo s’en sort très bien. Ce sera le cas dans la très grande majorité des scènes que l’on cadre mais dans un cas très exceptionnel comme celui de la neige, il y a fort à craindre que vous deviez jeter le gant et relever le défi de l’exposition.

C’est ce que je vous propose cette semaine en réalisant  une photo de paysage sur la neige en effectuant une mesure de lumière sur une zone de luminosité moyenne. Vous pouvez utiliser au choix la paume de la main ou une charte de gris.

Je vous souhaite une bonne semaine, de bonnes photos et je vous dit « à tout de suite » pour échanger ici en commentaire ou dans le groupe des Exercices photo Youtube.

Bonne semaine et bonnes photo !

Jérôme Pallé, photographe

Réponses

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    1. Bonjour Elisabeth,
      Il y a eu moins de neige et donc moins de participants pour ce second exercice sur la neige. J’ai donc répondu à chacun personnellement mais il n’y a pas matière à faire une vidéo de restitution.
      Il y aura d’autres sujets d’exercice prochainement. Actuellement j’ai aussi besoin d’un peu de temps pour travailler sur d’autres projets. Plein de surprises en perspectives 🙂
      Jérôme.